Ossuaire de Jacques, fils de Joseph, frère de Jésus

Article publié dans le journal "Le Monde" sous le titre "Jésus, une histoire de famille"

Ossuaire de Jacques, fils de Joseph, frère de Jésus

"Ya'akoV, bar Yosef, akhui di-Yeshua", OU, Si VOUS préférez, «Jacques, fils de Joseph, frère de Jésus». Si l'interprétation d'André Lemaire, philologue et épigraphiste à l'Ecole pratique des hautes études de Paris, est exacte, cette inscription en araméen est la première preuve archéologique(1) corroborant, s'il en était besoin, la réalité historique de l'existence du Christ. C'est en tout cas ce que propose un article qu'il publie dans la prochaine livraison de la Biblical Archaeology Review. D'après le chercheur français, le Jacques de l'inscription serait bien celui que l'historien Flavius Josephe nomme Jacques le Juste, chef de l'Eglise judéo-chrétienne(2) après la crucifixion, lapidé en l'an 63. Partant, ce Joseph serait donc l'époux de Marie, et Jésus, le Christ. L'ossuaire, petit sarcophage de pierre dans lequel, selon la tradition juive de l'époque, on rassemblait les os du défunt environ un an après sa mort, provient du village arabe de Silwan, près de Jérusalem, et est propriété d'un collectionneur. L'authenticité de l'inscription a été vérifiée au microscope électronique. Quant à l'araméen, «il n'a été utilisé pour les inscriptions sur les ossuaires, que de l'an - 20 à l'an 70», précise au Point André Lemaire. Ses détracteurs font valoir qu'à l'époque les prénoms de Ya'akov, Yosef et Yeshua étaient portés par de nombreux habitants de Jérusalem. « C'est vrai, reconnaît André Lemaire; cependant, il ressort d'un calcul statistique que la probabilité pour que les trois prénoms sortent dans cet ordre de filiation est très réduite. » [le chercheur français se fonde aussi «sur la grande rareté de la mention d'un frère sur un ossuaire et il faut donc qu'il y ait une raison spéciale».]

Par ailleurs, on ne connaît, sur des milliers d'ossuaires, qu'un autre cas où trois prénoms sont gravés. « Ce qui prouve que les restes appartiennent à une famille célèbre », estime le paléographiste. ../.. «Je ne suis pas certain qu'il s'agisse de l'ossuaire du frère du Christ mais j'estime que cette hypothèse se situe entre le probable et le très probable», conclut André Lemaire

(1) La mention la plus ancienne de Jésus Christ, dont l'existence est notamment citée par l'historien romain Flavius Josèphe, remontait jusqu'ici à un fragment en grec de l'évangile de Jean sur papyrus datant de 125.
NDE: voir Preuves de l'existence historique de Jésus-Christ
(2) NDE: Ce n'est que plusieurs siècles plus tard que l'on a fait de Pierre le premier responsable de l'Eglise.


Flavius Josèphe écrit lui-même : « Anne (le grand prêtre) traduisit devant un sanhédrin Jacques, frère de Jésus appelé le Christ » (Antiquités XX 200).

Paul parle de « Jacques, le frère du Seigneur », pour désigner le chef de l’Église de Jérusalem.

Après la levée de boucliers suscitée par la découverte (théologiens qui veulent que Marie soit restée vierge, sceptiques qui veulent nier l'existence même de Jésus), de nouveaux examens ont été pratiqués: le spécialiste Edward J. Keall affirme que de nouveaux tests renforce les arguments pour son authenticité. Keall est le curateur principal au Toronto Royal Ontario Museum, où l’on a exposé l’ossuaire l’année dernière.

Il affirme, « les études que nous avons entreprises nous ont convaincues que l’ossuaire et son inscription sont vraiment anciens et non un faux moderne. »

Keal maintient que l’altération climatique « s’est déroulée à une vitesse uniforme » et que l’inscription « s’est dégradée naturellement », à la même vélocité que les parties adjacentes de l’ossuaire. »

les experts mandés par le 'Biblical Archaeology Review' ont aussi estimé qu'il s'agissait effectivement d'un objet vieux de 2000 ans.

Et l'épigraphiste français André Lemaire qui a été le prmier à l'expertiser est formel:

  1. Ce type de sépulture n'a eu cours que de 10 à 70 ap J.C
  2. l'analyse de la graphie de cette inscription correspond à cette période des deux premiers tiers du Ier siècle, la forme cursive du aleph, dalet et yod pouvant constituer un indice en faveur d'une datation plus proche de 70 que du tout début de notre ère.